La réduction d’impôt pour souscription au capital d’une PME, dont profitaient la grande majorité des associés des nouvelles SARL assujetties à l’I.S., n’a pas été épargnée par le coup de rabot sur les niches fiscales.
Jusqu’ici, le montant de cette réduction était égal à 25 % des apports en capital effectués en numéraire au cours de l’année, ces apports étant retenus dans les
limites annuelles suivantes :
– 20.000 euros pour les contribuables célibataires, veufs ou divorcés (soit une réduction maximale de 5.000 euros) ;
– 40.000 euros pour les contribuables mariés ou pacsés et soumis à imposition commune (soit une réduction maximale de 10.000 €).
Désormais, pour toutes souscriptions intervenant à compter du 1er janvier 2011, les plafonds ci-dessus ne sont pas modifiés, mais le taux de la réduction est ramené à 22 % au lieu de 25 %.
Il en résulte que la réduction d’impôt maximale qui est susceptible d’être obtenue ne s’élève plus qu’à 4.400 euros pour un célibataire, et à 8.000 euros pour un
couple.
Toutefois, la fraction des apports qui excède éventuellement les limites de 20.000 ou de 40.000 ci-dessus continue, comme auparavant, à pouvoir être reportée sur
les quatre années suivantes.
Cette possibilité de report permet donc de bénéficier de l’avantage fiscal pour des souscriptions maximales de 100.000 euros ou 200.000 euros, comme auparavant,
sauf que, désormais, la réduction d’impôt maximale ne pourra être supérieure à 22.000 ou 40.000 euros (au lieu de 25.000 ou 50.000 euros).
En outre, la loi de finances pour 2011 a introduit des conditions supplémentaires à la réduction d’impôt pour souscription en capital.
Jusqu’ici, la loi prévoyait que, pour bénéficier de la réduction d’impôt, la société au capital de laquelle il était souscrit devait exercer une activité
commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière, seule étant exclue l’activité de gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier.
Pour les souscriptions intervenues à compter du 13 octobre 2010, de nouvelles exclusions sont introduites.
Désormais en effet, n’ouvrent plus droit à cette réduction les souscriptions au capital de sociétés qui exercent une activité financière (prêts et crédits
notamment), une activité immobilière quelle qu’elle soit, ce qui inclut non seulement celles qui gèrent leur propre patrimoine immobilier, comme auparavant, mais également celles qui exercent une
activité de gestion ou de location immobilière, de promotion immobilière, de marchand de biens, d’administrateur immobilier, etc.
Par ailleurs, n’ouvrent plus droit non plus à cette réduction d’impôt, les souscriptions intervenues à compter du 13 octobre 2010 au capital de sociétés qui
exercent une activité procurant des revenus garantis en raison de l’existence d’un tarif réglementé de rachat de la production, en particulier les activités de production d’électricité éolienne
ou photovoltaïque.
En outre, la société bénéficiaire des souscriptions devra compter au moins deux salariés à la clôture de son premier exercice, ou un seul salarié si elle est
soumise à l’obligation de s’inscrire à la chambre des métiers et de l’artisanat en raison de son activité. Cette condition concernant les souscriptions intervenues à compter du 1er janvier
2011.
Désormais également, les actifs de la société ne devront pas être constitués de façon prépondérante de métaux précieux, d’œuvres d’art, d’objets de collection,
d’antiquités, de chevaux de course ou de concours, de vins ou d’alcools.
En contrepartie de leur souscription, la société bénéficiaire ne devra accorder aucune garantie en capital à ses associés, sous quelque nature ou quelque forme que
ce soit.
De même, pour ouvrir droit à la réduction, les souscriptions ne devront conférer à leur auteur aucun avantage particulier, notamment sous la forme de tarifs
préférentiels ou d’accès prioritaires aux biens produits ou aux services rendus.
Enfin, n’ouvriront pas droit non plus à cette réduction les souscriptions réalisées par un contribuable au capital d’une société dans les 12 mois suivant le
remboursement total ou partiel par celle-ci de ses apports précédents.
Alors que jusqu’ici, le remboursement des apports aux souscripteurs entraînait la reprise de la réduction d’impôt par l’Administration s’il intervenait avant
l’expiration de la cinquième année suivant celle de la souscription, ce délai est désormais reporté à l’expiration de la dixième année suivant celle de la souscription. Néanmoins, le délai de
cinq ans pendant lequel les parts peuvent être cédées n’est pas modifié.
Source : loi de finances pour 2011.